Pourquoi un chef d’entreprise devrait se tourner vers le crowdlending?

Article publié par Guy Degeorges le 06/06/2016 à 11:30
Catégories : Financements
Tags : Crowdlending, financement participatif, financement

 

On parle beaucoup des prêts des particuliers aux entreprises via le financement participatif, on parle moins des prêts d'entreprises entre elles. Or l'utilisation des bons de caisse, via les plateformes de crowdlending telles que Bolden, permet aujourd'hui à une société disposant d'excédents de trésorerie de prêter à d'autres PME. 

A une question posée à ce sujet lors d'un débat aux Assises du Financement Participatif à Bercy, un expert me répond que le métier d'une entreprise n'est pas de financer d'autres entreprises moyennant intérêts, mais seulement de se consacrer à son activité telle que définie dans son objet social. Point barre. Je m'interroge: affirmer cela, n'est-ce pas livrer un combat d'arrière-garde pour défendre le monopole bancaire moribond? Surtout, n'est-ce pas prendre les chefs d'entreprises pour des incapables?

 Entendons-nous bien: il y a dans ces prêts aux PME une part de risque. Les associés de cette pizzeria de Brest, qui emprunte 20 000€ pour rénover, peuvent se fâcher. Cette entreprise d'e-commerce, qui finance ainsi 50 000 € pour la R&D et le recrutement d'un community manager, peut ne pas rencontrer le succès prévu. Certains des emprunteurs seront défaillants. Les plateformes de crowdlending ne nient pas ce risque, et elles en avertissent les épargnants. D'ailleurs, les pouvoirs publics veillent à cette information. Les plateformes mettent en avant leurs efforts pour réduire ces risques: forte sélectivité des dossiers, présentation d'entreprises bénéficiaires et justifiant d'une certaine antériorité, utilisation d'algorithmes d'évaluation...

Mais cette incertitude, un chef d'entreprise, qui lui-même vit le risque quotidiennement, n'est-il pas bien placé pour la comprendre? Et n'est-il pas apte à juger des chances de réussite d'autres entreprises? Faudrait-il vraiment des banquiers pour l'assister, et obligatoirement intermédier ses placements? Sérieusement?

Le risque a non seulement un cout, il a aussi un retour sur investissement. Le taux de des prêts en crowdlending est aujourd'hui de 5% et 10%, Je vous laisse vérifier ce que les banques proposent comme rendement pour des placements, plus liquides et à capital garanti. Les chefs d'entreprises vont vite faire le calcul. En tant que DAF à temps partagé, quand un client m'interroge sur le sujet, je lui conseille de profiter des nouvelles opportunités de rendement du crowdlending, mais seulement pour la part de sa trésorerie qu'il peut bloquer à moyen et long terme, et au pire perdre. Et bien sûr de diversifier les placements. Rien de plus que du bon sens, et de la bonne gestion.

Et je l'encouragerai à financer les projets qui lui plaisent, qui développeront l'activité et l'emploi. A l'heure où l'on demande aux entreprises des engagements RSE, il pourra ainsi être acteur, autrement et tout en œuvrant dans le sens de l'intérêt social, de son environnement économique.

Guy Degeorges

On trouvera un résumé cet article, confronté à d'autres avis d'experts, sur le blog de Bolden http://blog.bolden.fr/10-experts-financiers-donnent-avis-rentabilite-crowdlending/

 

 

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