Résolution des difficultés financières des entreprises : le cas « Sully »

Article publié par Guy Degeorges le 13/02/2017 à 15:01
Catégories : Risques et procédures
Tags : Difficultés des entreprises, financement

Résolution des difficultés financières des entreprises : le cas « Sully »

 

Le film « Sully », réalisé par Clint Eastwood, est non seulement une œuvre remarquable, mais il illustre des mécanismes de gestion de crise communs à beaucoup de domaines. Ainsi, il permet aux dirigeants de comprendre quels sont les facteurs de succès dans le traitement des difficultés de l’entreprise.

« Sully » relate des faits réels. Le 15 janvier 2009, le commandant Chesley « Sully » Sullenberger est confronté peu après son décollage de New York à la perte de ses deux réacteurs. Il réussit à poser son Airbus sur le fleuve Hudson 208 secondes après le début de l’incident. Les 155 passagers et membres d’équipages sont secourus, et sains et saufs.

La résolution des difficultés financières est un travail d’équipe.

« It’s my plane (je reste aux commandes) » dit Sully à son copilote. Le chef d’entreprise est le responsable ultime des décisions, les bonnes comme celles qui pourraient plus tard lui être reprochées. Mais la réussite du sauvetage n’est possible qu’avec la collaboration de toute une équipe. Chacun fait ce qu’il a à faire : le copilote, les hôtesses, les contrôleurs aériens, les sauveteurs, et même les passagers. De même pour réussir, le dirigeant de l’entreprise en difficulté doit s’entourer d’experts de confiance : le conciliateur ou l’administrateur judiciaire, l’avocat, le DAF, l’expert-comptable… Il doit rassurer et mobiliser ses collaborateurs, s’appuyer sur meurs compétences.

Chaque moment compte !

Sully pose son avion en 208 secondes. Pour le chef d’entreprise, chaque jour compte. De même que l’avion sans réacteur descend très vite vers le sol, l’entreprise en difficulté manque de plus en plus de cash. Les stratégies doivent être mises en œuvre en quelques semaines, au mieux en quelques mois, pour éviter l’impasse de trésorerie. Au moment du choc initial, l’effet de sidération est inévitable. Mais au milieu de milliers de taches à prioriser, il reste ensuite peu de temps au dirigeant pour les doutes et les états d’âmes. De même que l’entrainement du pilote compte, les entreprises préalablement préparées gagnent un temps précieux. Ce sont celles qui sont organisées grâce à du contrôle de gestion pour détecter au plus tôt les signaux d’alerte : pertes de C.A. et de marchés, impayés, baisse de rentabilité, de la trésorerie…

 

Le dirigeant de l’entreprise en difficulté doit déterminer quels sont les objectifs prioritaires à suivre.

Dans l’avion comme dans l’entreprise, la bonne connaissance des différentes manœuvres de pilotage est essentielle. De nombreuses possibilités du manuel des procédures peuvent être mise en œuvre : conciliation, mandat ad’hoc, sauvegarde, redressement judiciaire, pré-pack cession… autant de réponses à des situations différentes. C’est au chef d’entreprise assisté de ses conseils de décider laquelle activer selon ce qui est possible, et selon des priorités assumées. Le commandant Sully, plutôt que de tenter de regagner un aéroport en zone urbaine, fait un choix très créatif et inhabituel : amerrir sur l’Hudson. En effet le pilote a clairement décidé quel était son objectif prioritaire : sauver la vie des passagers et éviter toute pertes collatérales au sol. Il renonce à un objectif secondaire : poser un Airbus à plusieurs millions de dollars intact sur une piste.  En matière de difficultés des entreprises, différents intérêts sont à considérer : celui de l’entreprise, de ses dirigeants, des salariés, des actionnaires, des créanciers… Il est malheureusement rare d’être en mesure de sauvegarder tous ces intérêts dans leur intégralité. Le chef d’entreprise devra rapidement faire les moins mauvais choix possibles.

Enfin, une fois la stratégie choisie, la précision dans l’exécution et dans le timing est cruciale, l’amerrissage est une manœuvre à risque et une erreur de pilotage aurait pu entraîner le crash.

« No one dies today » dit l’un des sauveteurs. Le film de Clint Eastwood est porteur d’un message d’espoir et de réconfort à une Amérique traumatisée par le souvenir du 11 septembre. Et en matière de difficultés des entreprises aussi, toutes les histoires ne finissent pas mal.

Guy Degeorges

Cet article a été publié le 18 janvier 2017 par Solutions Entreprises (LesEchos) : http://www.solutions-entreprises.fr/gestion/resolution-difficultes-financieres-entreprises-cas-sully-719.html

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